Louisa Cerclé



DESIGN GRAPHIQUE
SCÉNOGRAPHIE
Un Beau Ténébreux
D'après Julien Gracq

Un Beau Ténébreux est une transposition théâtrale et performative du roman éponyme de Julien Gracq.

Le roman est la chronique d’un suicide fortement suggéré : Gérard le narrateur relate les évènements prenant place à l’Hôtel des Vagues, le temps d’un été, sur la plage de Kérantec. Comme souvent chez Julien Gracq, il s’agit d’attendre l’évènement qui viendra briser l’apparente quiétude des lieux. Ici, le narrateur fait connaissance avec les estivants de l’hôtel, dont il finit par se lasser. Le désœuvrement atteint son paroxysme, et Gérard est sur le point de plier bagage, lorsque l’un d’eux, annonce l’arrivée de l’un de ses amis d’enfance. Le narrateur, poussé par une étrange curiosité, décide finalement de rester. Dès son entrée en scène, Allan, le « beau ténébreux », accompagné par Dolorès, impose à tout l’hôtel son irrésistible attraction. Allan devient rapidement le meneur incontesté des estivants, qu’il entraine dans une mystérieuse fascination. Gérard tente en vain de cerner ce personnage qui défie la mort, insouciant, et provoque le scandale partout autour de lui. Très vite la question n’est pas de savoir ce qui va se passer mais comment et quand cela va se passer.

Gracq s’inscrit dans ce roman dans une tradition du poème en prose. La mise en scène n’a pas tant pour but d’évoquer l’histoire, dont l’intrigue est vite dévoilée et semble être un prétexte pour l’auteur, que de donner à voir les projections mentales des images évoquées sur le papier. Comment saisir la nonchalance des personnages, le temps qui s’étire et la vague lassitude qui découle du roman ?

L’adaptation que je propose rend compte de la littérarité* du texte, fait poème en employant un langage formel : des lettres au double sens de signe typographique, envoi épistolaire, des plateaux de jeu, des enseignes, des tapis, des affiches, etc.

Un personnage, peut-être le narrateur du roman nous racontera cette histoire. Sans mots adressés au public, dans une juste évocation des sensations et sentiments provoqués à la lecture.


Une adaptation plus énigmatique, moins basée sur l’histoire et la narration que sur des images qu’elle invoque. À la manière d’Allan qui dans le roman dévoile son jeu, méticuleusement et précisément jusqu’à accomplir ce pour quoi il est venu dans l’hôtel. Se déploient sur le plateau les différents éléments d’un rébus visuel pour composer et donner à voir des impressions du roman.

* « Roman Jakobson introduit le concept de « littérarité » (literaturnost) dans une conférence de 1919, publiée en 1921 (NovejSaja russkaja poezija, Prague, 1921). Il le définit comme « ce qui fait d’une œuvre donnée une œuvre littéraire » dans la traduction française de Questions de Poétique (1973). » Thomas Aron, Littérature et littérarité. Un essai de mise au point, Presses universitaires de Franche-Comté, 1984, p. 8


Le dossier


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Mise en scène, scénographie et performance ............. Louisa Cerclé
Collaboration artistique ............. Camille Baroux
Dramaturgie ............. Gaël Leveugle
Travail Sonore ............. Jean-Philippe Gross
Lumière ............. Julien Defaye
Diffusion /Production ............. Élodie Couraud